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2026/10/19

De nombreuses organisations exploitent encore des serveurs installés avec CentOS Linux 7 ou CentOS Linux 8. Ces deux versions ont dépassé leur fin de vie : le CentOS Project ne publie plus de mises à jour de sécurité. Les systèmes continuent de fonctionner, mais chaque mois sans correctifs augmente le risque, et les auditeurs posent de plus en plus la question.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe aujourd’hui plusieurs options solides. Le plus difficile est de comprendre ce qui les distingue, car les différences tiennent moins à la technique qu’au support, à la gouvernance et au cycle de vie. Cet article propose un panorama neutre, à la date de rédaction, pour vous aider à décider.

Points clés

  • CentOS Linux 7 et 8 ne reçoivent plus de mises à jour ; CentOS Stream continue, mais en tant que flux de développement situé juste en amont de RHEL.
  • RHEL, Rocky Linux, AlmaLinux et Oracle Linux visent tous à exécuter les logiciels conçus pour RHEL, mais ils diffèrent par leur modèle de support et leur approche de la compatibilité.
  • Ubuntu et Debian sont des alternatives matures si vous acceptez un format de paquets et des outils différents.
  • Choisissez en fonction de vos besoins de support, de vos exigences de certification et du cycle de vie, puis planifiez la migration serveur par serveur.

Ce qui a changé avec CentOS Linux et CentOS Stream

Pendant de nombreuses années, CentOS Linux a été une reconstruction gratuite de Red Hat Enterprise Linux (RHEL). Elle suivait de près les versions de RHEL, ce qui permettait aux équipes d’exécuter les mêmes logiciels sans abonnement. En décembre 2020, le CentOS Project a annoncé qu’il se concentrerait désormais sur CentOS Stream. CentOS Linux 8 a atteint sa fin de vie fin 2021, et CentOS Linux 7 fin juin 2024.

CentOS Stream reste une distribution active et utile, mais son rôle est différent. Elle se situe juste avant la prochaine version mineure de RHEL : c’est là que les changements apparaissent avant d’arriver dans RHEL. C’est donc un bon endroit pour tester ce qui arrive, mais un choix moins naturel pour des serveurs qui ont besoin d’une plateforme figée et qui évolue lentement. Vous pouvez lire la présentation du projet lui-même sur centos.org.

Les approches des distributions compatibles RHEL

Plusieurs distributions occupent désormais la place autrefois tenue par CentOS Linux. Toutes visent à exécuter les logiciels conçus et certifiés pour RHEL, mais chacune a sa propre approche.

  • Red Hat Enterprise Linux (RHEL) est l’original commercial. Vous obtenez le système d’exploitation avec un abonnement qui inclut le support, des écosystèmes matériels et logiciels certifiés, ainsi que des outils de gestion et de mise à niveau sur place.
  • Rocky Linux est une distribution communautaire gouvernée par la Rocky Enterprise Software Foundation. Son objectif déclaré est d’être entièrement compatible avec RHEL.
  • AlmaLinux est une distribution communautaire gouvernée par l’organisation à but non lucratif AlmaLinux OS Foundation. Depuis 2023, elle vise la compatibilité d’interface binaire (ABI) avec RHEL plutôt qu’une reconstruction à l’identique, ce qui permet au projet de publier certains correctifs selon son propre calendrier.
  • Oracle Linux peut être téléchargé, utilisé et mis à jour gratuitement, avec un support payant proposé par Oracle. Il offre à la fois un noyau compatible RHEL et l’Unbreakable Enterprise Kernel propre à Oracle.

Pour la plupart des charges de travail, une application qui fonctionne sur l’une de ces distributions fonctionnera sur les autres avec peu ou pas de modifications. Les différences comptent lorsqu’un éditeur ne certifie son produit que sur certaines distributions, ou lorsque vous dépendez de fonctionnalités précises du noyau.

Modèles de support : abonnements, communauté et prestataires tiers

La principale différence pratique entre les options, c’est qui vous appelez quand quelque chose ne va pas. Le tableau ci-dessous résume les principaux modèles, à la date de rédaction. Vérifiez toujours les pages officielles avant de décider, car les conditions évoluent.

DistributionCoût d’utilisationOrigine du support
RHELAbonnement payantRed Hat, inclus dans l’abonnement
Rocky LinuxGratuitCommunauté, plus support commercial de prestataires tiers
AlmaLinuxGratuitCommunauté, plus support commercial de prestataires tiers
Oracle LinuxGratuitSupport payant optionnel d’Oracle
UbuntuGratuitUbuntu Pro et support payants optionnels de Canonical
DebianGratuitCommunauté, plus support commercial de prestataires tiers

Gratuit ne veut pas dire sans support. De nombreuses organisations exploitent des distributions communautaires en production et n’achètent du support que pour les systèmes qui exigent des délais d’intervention garantis. L’essentiel est de prendre cette décision de manière délibérée, plutôt que de découvrir le manque lors d’un incident.

Conseil : Vérifiez la matrice de support de chaque application commerciale que vous exploitez, comme les bases de données, les middlewares et les agents de sauvegarde. Si un éditeur ne prend en charge que RHEL, cela peut trancher la question pour ces serveurs, même si le reste de votre parc utilise une distribution communautaire.

Cycle de vie et rythme des versions

Le Linux d’entreprise est attrayant parce que les versions majeures sont prises en charge longtemps. Les versions majeures de RHEL ont un cycle de vie de dix ans, avec des options pour le prolonger, et Rocky Linux, AlmaLinux et Oracle Linux suivent des calendriers similaires pour leurs versions correspondantes. Des versions mineures paraissent régulièrement au sein de chaque version majeure, et rester sur une version mineure à jour est la manière normale de continuer à recevoir des mises à jour. Red Hat en publie le détail sur sa page sur le cycle de vie de RHEL.

Ubuntu publie une version de support à long terme (LTS) tous les deux ans, avec cinq ans de maintenance de sécurité standard et une couverture plus longue via Ubuntu Pro ; voir le cycle de publication d’Ubuntu. Debian publie une nouvelle version stable environ tous les deux ans, et l’initiative communautaire Debian LTS prolonge le support de sécurité des anciennes versions ; voir les versions de Debian.

Lors de la comparaison, regardez la date de fin de vie de la version majeure précise que vous déploieriez, et pas seulement la politique générale. Une plateforme installée aujourd’hui doit rester prise en charge pendant toute la durée de vie prévue du serveur.

Les questions à se poser avant de choisir

Il n’existe pas de réponse unique. Ces questions permettent généralement de clarifier la décision :

  1. Quelles applications exploitons-nous, et quelles distributions leurs éditeurs certifient-ils ?
  2. Avons-nous besoin d’un contrat de support éditeur pour tous les serveurs, pour certains, ou pour aucun ?
  3. Nos équipes connaissent-elles déjà les outils basés sur RPM comme dnf, ou ceux basés sur Debian comme apt ?
  4. Combien de temps la nouvelle plateforme doit-elle être prise en charge, et cela correspond-il au cycle de vie de la version que nous déploierions ?
  5. Comment voulons-nous gérer les correctifs, la configuration et la conformité sur de nombreux serveurs ?
  6. Le modèle de gouvernance compte-t-il pour nous, par exemple une fondation à but non lucratif ou un éditeur commercial unique ?

Pour beaucoup d’équipes qui quittent CentOS Linux, rester dans la famille compatible RHEL permet de conserver l’essentiel des compétences, des scripts et des paquets. Passer à Ubuntu ou Debian peut avoir du sens lorsque d’autres parties de votre parc les utilisent déjà, mais c’est un changement plus important qui demande davantage de tests.

Planifier la migration des serveurs CentOS existants

Commencez par un inventaire. On ne peut pas planifier ce que l’on n’a pas trouvé, et les systèmes CentOS se cachent souvent dans des appliances, des laboratoires de test et d’anciens modèles de machines virtuelles. Sur chaque serveur, quelques commandes vous indiquent où vous en êtes :

cat /etc/os-release
uname -r
rpm -qa --last | head -n 20
yum repolist enabled

Regroupez ensuite les serveurs selon ce qu’ils exécutent et leur criticité. Pour chaque groupe, choisissez l’une de ces deux voies :

  • Convertir sur place. Au sein d’une même version majeure, les scripts de migration fournis par les projets (par exemple pour Rocky Linux, AlmaLinux et Oracle Linux) et l’outil Convert2RHEL de Red Hat changent les sources de paquets et l’image de marque sans réinstallation. Pour CentOS Linux 7, une mise à niveau de version majeure est également nécessaire ; des outils comme Leapp et le projet ELevate d’AlmaLinux peuvent aider, mais ils exigent des tests rigoureux.
  • Reconstruire et redéployer. Installez un système propre sur une version actuelle, puis transférez l’application et les données. Cela demande plus d’efforts par serveur, mais vous obtenez une base connue et documentée, débarrassée d’années de modifications accumulées.

Conseil : Quelle que soit la voie choisie, effectuez d’abord une sauvegarde complète ou un instantané, et faites une répétition sur une copie du serveur. Vérifiez que les dépôts tiers, les modules du noyau et les agents de supervision sont disponibles pour la version cible avant de commencer.

Enfin, mettez le plan par écrit : quels serveurs migrent, dans quel ordre, qui valide et comment revenir en arrière. Migrer d’abord les systèmes à faible risque donne confiance et transforme les migrations restantes en travail de routine. Le projet AlmaLinux documente son approche ELevate sur le wiki AlmaLinux, et chaque distribution publie ses propres guides de migration.

Comment LOGIQ peut vous aider

LOGIQ aide les organisations à repérer leurs derniers systèmes CentOS, à comparer les options au regard de leurs propres applications et besoins de support, et à planifier des migrations adaptées à leur calendrier. Si vous souhaitez un second avis sur votre plan Linux d’entreprise, vous pouvez nous contacter via logiqlinux.com.